29.09.2008

Permis de démolir

BR_S3553679_demolir_M.jpg

Budget et projet de loi Logement :Le gouvernement demande un permis de démolir.

 

Le Vice-Président de la Région Ile-de-France Chargé du Logement et de l’Action foncière, M. Jean-Luc Laurent a déclaré aujourd’hui :

 

« Le gouvernement a rendu public le projet de loi de finance pour l’année 2009 : le budget de l’Etat consacré au logement est en très forte baisse.  Le discours énergique du ministre qui, il y a un an, lançait son « grand chantier » se heurte à une double réalité :

 

-         En décalage avec la réalité et les attentes, le projet de loi « Mobilisation pour le logement » est sous l’emprise idéologique du slogan présidentiel « La France des propriétaires ». Inadapté dès sa conception, il est désormais dangereux en raison du retournement du marché immobilier. Le gouvernement doit revoir sa copie plutôt que de proposer le vote en urgence comme l’a annoncé le président le République à Toulon.

 

-         Le budget logement, qui a déjà connu plusieurs années de désengagement, verra en 2009 un tournant historique. Sous couvert de remise en ordre, l’Etat procède à un hold-up contre les fonds du 1%. Le résultat sera une diminution nette et durable des crédits en faveur du logement.

 

Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le pays et tout particulièrement pour la région Ile-de-France qui est à la pointe de la crise du logement. En lançant son « grand chantier », Mme Boutin avait omis de préciser qu’il s’agissait d’un chantier de démolition.  Aujourd’hui, avec ce budget et le projet de loi logement, le gouvernement demande clairement que lui soit délivré un permis de démolir la politique du logement social ».

 

08.04.2008

Livret A et logement social

2015823709.jpgLes classes sociales existent encore en France ! Même si les sciences sociales ont mis en évidence les porosités et les circulations entre les groupes sociaux. Et même si, depuis cinquante ans, la politique a perdu en manichéisme. Les classes sociales et leurs conflits réapparaissent régulièrement. S’il fallait une preuve supplémentaire, la prochaine « réforme » du livret A porte une double attaque contre les classes populaires au nom de l’idéologie (que ce soit « la concurrence libre et non faussée » ou « la France des propriétaires »).

La France, sur injonction d’une très libérale Commission européenne, doit supprimer le livret A tel qu’il existe actuellement. Dans la langue de nos gouvernants, on parle de « réforme» alors qu’il serait plus juste de parler de contre-révolution. Demain, tous les établissements bancaires pourront distribuer le livret A et les fonds collectés ne seront plus intégralement mis dans le pot commun de la Caisse des Dépôts afin de financer le logement social.

Il s’agit d’abord d’une attaque contre l’épargne populaire. Malgré des encours très variables, les épargnants sont aujourd’hui tous traités de la même manière. Avec 45 millions de titulaires, le livret A est un instrument égalitaire, pilier du système social français. C’en sera fini demain avec non plus un mais des livrets A à l’image de chaque banque et avec des clientèles différenciées. Les grandes banques prendront les bons clients et refuseront les autres. Pour bien fonctionner, un dispositif de solidarité doit être universel et mutualiste. En segmentant l’épargne la plus courante, on peut être sûr qu’il faudra peu d’années pour que les mauvais clients (les petits encours, ceux pour qui le livret A n’est pas un produit d’épargne mais un compte-courant) soient stigmatisés en raison de leur « coût de fonctionnement ». Stigmatiser d’abord avant d’être traiter différemment par la création inévitable d’un « livret pauvre » comme le proposait récemment Mme Christine Boutin. Instruit par l’expérience, il est facile de prévoir la suite des évènements et indispensable de dénoncer la casse programmée de l’épargne populaire.

L’attaque vise aussi le logement social. La collecte des fonds du livret A par la Caisse des Dépôts est la base du financement du logement HLM. Bien sûr, les partisans de cette contre-révolution s’en défendent. Ils veulent garder une partie des fonds et nous expliquent que « moins de centralisation+plus de collecte= rien ne change ». Cette arithmétique de bonimenteurs n’engage que ceux qui la croient. Mon inquiétude est d’autant plus forte que ce gouvernement a déjà montré le peu de cas qu’il faisait du logement social qui, pour lui, est juste bon à vendre pour financer une chimère présidentielle, la « France des propriétaires ».

Cette « réforme de banquiers pour les banquiers » n’a que faire de l’avenir du logement social à l’heure où la collectivité devrait investir massivement dans le logement, et encore plus en Ile-de-France. Au moment même où le parc social donne l’exemple et peut être une locomotive en matière de développement durable pour l’ensemble des acteurs de l’immobilier, on remet en cause les bases de son financement !

Réforme, révolution, contre-révolution, régression, progrès…le vocabulaire de notre époque est confus et brouillé mais il y a un mot qui ne souffre d’aucune ambiguïté pour qualifier ce que le gouvernement fait au logement social et à l’épargne populaire: un SABOTAGE.