« 2008-07 | Page d'accueil | 2009-01 »

29.09.2008

Permis de démolir

BR_S3553679_demolir_M.jpg

Budget et projet de loi Logement :Le gouvernement demande un permis de démolir.

 

Le Vice-Président de la Région Ile-de-France Chargé du Logement et de l’Action foncière, M. Jean-Luc Laurent a déclaré aujourd’hui :

 

« Le gouvernement a rendu public le projet de loi de finance pour l’année 2009 : le budget de l’Etat consacré au logement est en très forte baisse.  Le discours énergique du ministre qui, il y a un an, lançait son « grand chantier » se heurte à une double réalité :

 

-         En décalage avec la réalité et les attentes, le projet de loi « Mobilisation pour le logement » est sous l’emprise idéologique du slogan présidentiel « La France des propriétaires ». Inadapté dès sa conception, il est désormais dangereux en raison du retournement du marché immobilier. Le gouvernement doit revoir sa copie plutôt que de proposer le vote en urgence comme l’a annoncé le président le République à Toulon.

 

-         Le budget logement, qui a déjà connu plusieurs années de désengagement, verra en 2009 un tournant historique. Sous couvert de remise en ordre, l’Etat procède à un hold-up contre les fonds du 1%. Le résultat sera une diminution nette et durable des crédits en faveur du logement.

 

Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le pays et tout particulièrement pour la région Ile-de-France qui est à la pointe de la crise du logement. En lançant son « grand chantier », Mme Boutin avait omis de préciser qu’il s’agissait d’un chantier de démolition.  Aujourd’hui, avec ce budget et le projet de loi logement, le gouvernement demande clairement que lui soit délivré un permis de démolir la politique du logement social ».

 

13.09.2008

Interview de Jean-Luc Laurent

Courrier du Grand Paris 15 septembre 2008

Rubrique Grand Paris « Les clés pour comprendre »

Article « logement en IDF »

 

 

3 Questions à M. Jean-Luc Laurent,

Vice-Président du Conseil régional d’Ile-de-France chargé du logement et de l’action foncière,

Maire du Kremlin-Bicêtre (94),

Président de l’Etablissement Public Foncier d’Ile-de-France (EPFIF)

 

 

1 - Quelles sont les propositions de la Région pour relancer la construction de logements en Ile-de-France et atteindre l’objectif de 60 000 logements par an contre environ 35000 aujourd’hui ?

 

Pour la Région, la priorité est la relance de la construction par le levier du logement locatif social.  Certains ont cru au salut par l’investissement locatif privé et trop de crédits publics ont été consacrés à cette politique. Il faut revenir aux véritables leviers de l’action publique : le logement locatif social et la relance de l’urbanisme opérationnel en soutenant les maires bâtisseurs.

 

2 - Comment traduisez-vous concrètement dans les actions régionales en faveur du logement les préoccupations des entreprises vis-à-vis de leurs salariés ?

 

Les entreprises franciliennes ont besoin de loger leurs salariés et contribuent à l’effort de construction à travers le 1%. La majorité régionale refuse la spécialisation du logement social vers les catégories les plus pauvres. Nous défendons au contraire une conception du parc social ouvert, au cœur  de la mixité sociale. Ainsi, nous finançons l’ensemble de la gamme du logement social et même le logement intermédiaire. Ce choix politique rencontre la préoccupation des entrepreneurs franciliens : des logements aux loyers accessibles à proximité des centres d’emploi pour leurs salariés que la simple mécanique du marché exclue et relègue trop loin.

 

3 - Quel premier bilan tirez-vous de l’action de l’Etablissement Public Foncier régional que vous présidez ? Comment entendez-vous favoriser l'implantation de PME-PMI ?

 

Pour cette première année opérationnelle, l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (EPFIF) n’a pas connu de période de rodage. Nous avons atteint la vitesse de croisière en engageant plus de 200 millions d’Euros d’interventions foncières. Notre objectif annuel est la mobilisation foncière pour 6 000 logements et 300 000 m² de locaux d’activités. Aujourd’hui pour les nombreux maires qui veulent agir, l’EPFIF est la solution foncière. Nous apportons un soutien financier mais aussi une ingénierie (remembrement, dépollution…). Un tiers de nos interventions concerne des projets économiques pour développer une offre immobilière adaptée aux besoins des PME-PMI franciliennes.

 

11.09.2008

Discours de Jean-Luc Laurent en ouverture de l'Université d'été du MRC à Belfort

J2L Université d'été de Belfort.jpg

 

En guise d’introduction, je souhaite, naturellement, remercier Etienne Butzbach, Maurice Schwartz et toute l’équipe du MRC du Territoire de Belfort pour la qualité de l’accueil et de l’organisation dont ils nous gratifient pour ce week-end de réflexion collective.

 

D’entrée, je souhaite vous confesser une chose : pour le militant chevènementiste que je suis– c’est une appellation d’origine contrôlée ! – venir à Belfort produit toujours des sensations particulières et nous procure à tous, un réel plaisir. Pour ma part, je puis témoigner, avec une objectivité qu’aucun d’entre vous ici ne saurait contester, que cette ville a évolué de manière remarquable, de manière exemplaire, sous l’impulsion de Jean-Pierre Chevènement. En déambulant aujourd’hui le long des quais colorés de la Savoureuse, nous n’imaginons plus le chemin qui nous sépare de la ville de garnison austère d’autrefois. Pourtant ce destin n’était en rien acquis. Belfort a connu la crise industrielle et une mutation économique et sociale qui aurait pu s’avérer fatale.

 

Accueillant ce week-end l’université d’été du MRC, Belfort atteste aujourd’hui encore qu’elle n’a rien perdu de son caractère d’insoumission et de résistance ! Disons-le sans abuser d’immodestie, notre mouvement demeure, à bien des égards, le Vauban de la gauche. Un rempart contre la bien-pensance qui imagine pouvoir s’affranchir de la plus noble des conquêtes politiques : la République.

 

Nous ne saurions pourtant nous satisfaire de nos capacités défensives. Le thème que nous avons choisi d’explorer ensemble pour les deux jours à venir nous invite à passer à l’offensive : « L’état de la gauche et les perspectives de sa refondation » : voilà un programme ambitieux dans le contexte de disette doctrinale dans lequel la gauche se trouve enlisée.

 

Convenons-en, le thème de nos réflexions se trouve singulièrement en phase avec l’actualité. Quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, je me dis qu’on a raison de penser ce qu’on pense. Face aux petites phrases, aux oppositions pavloviennes, aux intrigues de coulisses, aux coalitions improbables, le peuple se trouve orphelin d’une gauche solide, sérieuse, proposant une alternative. Il faut dès à présent calmer les esprits, gagner en sérénité, prendre de la hauteur. Pour mémoire, un sacre, fut-il célébré à Reims, n’offre aucune garantie à long terme… Pour Charles X, le règne ne dura pas longtemps avant que ne surviennent les Trois Glorieuses.

 

Lorsque la gauche aura enfin pris conscience qu’il est désormais urgent d’articuler la pensée et l’action, nous aurons fait un grand pas vers la refondation de la gauche. Nous ne pouvons plus faire l’impasse sur une analyse globale de la réalité économique, sociale, géopolitique qui nous entoure. Les calculs de boutique permettent parfois d’assurer l’alternance et de faire illusion, mais c’est la pensée qui prépare de manière opérante le changement et le rend possible !

 

ue Belfort.jpgNous aurons l’occasion de le constater encore ce week-end, à l’Ouest – il ne vous a pas échappé que j’évoquais Royan – rien de nouveau ! La confusion et l’inconséquence se disputent les premiers rôles. Au-delà des péripéties parfois grotesques, souvent préoccupantes, qui caractérisent la pratique du pouvoir du Président Sarkozy, l’orientation politique qu’il prescrit pour notre pays est alarmante. Au moment précis où s’effondrent un à un les dogmes libéraux qui ont précipité le monde dans la crise que nous connaissons aujourd’hui, le locataire de l’Elysée a multiplié les décisions contradictoires et les annonces incompatibles : l’Atlantisme triomphal de son début de mandat vient de se détourner sur le chemin de Damas, la diplomatie des Droits de l’Homme reçoit en grande pompe le leader libyen, le Président du pouvoir d’achat est devenu celui de la vie chère, le logiciel prétendument républicain du candidat entérine la reconnaissance dans langues régionales dans la Constitution, l’europhile intrépide croise régulièrement l’Europe du commissaire Mandelson, le libéral décomplexé nomme désormais les directeurs des radios et de la télévision publique. A chaque fois, le Président, armé de son verbe péremptoire, vient de rencontrer la réalité. Dans ce théâtre d’ombres, Ubu roi a trouvé son successeur.

 

Ne voit-on pas le risque qu’il y a, là, droit devant nous ? Lorsque le plus habile des faiseurs, le plus inconséquent des illusionnistes, en aura terminé avec son narcissisme, que restera-t-il, dans l’imaginaire du peuple, de la dignité de la fonction d’élu ? Que restera-t-il de la puissance symbolique d’une République que le premier d’entre nous aura pipolisé, et au final, profondément déshonoré ?

 

A gauche, il nous revient de reprendre la barre, d’étudier la carte et de définir un cap. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de réagir au coup par coup et de naviguer à vue au fil de l’eau. Le scandale de la privatisation de la Poste par exemple doit nous inviter à comprendre la genèse d’une telle capitulation. Comment, et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? L’abandon des services publics procède de choix politiques dont la gauche ne peut raisonnablement se désolidariser pour la simple et bonne raison qu’elle y participa plus qu’à son tour. Du « ni… ni… » des années 80 aux directives européennes sur les services publics, ne voit-on pas les liens par lesquels la gauche établie s’est assujettie ? C’est de cette servitude intellectuelle dont nous devons nous défaire.

 

Un autre exemple, lui aussi révélateur, lui aussi criant d’actualité. Je veux parler du Revenu de Solidarité Active (ou RSA pour les plus familiers). Le Parti Socialiste et le Parti Communiste ont choisi de condamner bruyamment cette mesure annoncée la semaine dernière par Nicolas Sarkozy. C’est omettre lourdement que ce dispositif était inscrit dans le projet de la candidate socialiste il y a à peine plus d’un an… . Est-ce véritablement le choix politique qui se trouve contesté ou bien sa provenance ?

 

Pour construire le projet de demain, nous devons collectivement aider la gauche à se concentrer sur l’essentiel : bâtir une réflexion, une idéologie sérieuse qui soit en phase avec ses principes originels aujourd’hui désertés, et en phase avec les problématiques de notre temps.

 

logo mrc.pngPour ce qui nous concerne, le Mouvement Républicain et Citoyen a engagé un cycle nouveau depuis le Congrès du Kremlin-Bicêtre. Depuis, beaucoup de choses se sont déjà passées : la nouvelle direction est au travail. En témoignent le nouveau site internet, la refonte du journal Citoyen militant, les textes élaborés par le Secrétariat National et bien entendu, le nouveau siège national près de la gare de Lyon dans lequel nous pourrons nous installer dans quelques semaines. Nous sommes au travail. Nous ne sommes pas en capacité de nous satisfaire d’avoir, je le crois, défini le corpus idéologique le plus complet, le plus juste, le plus pertinent. Au-delà, nous sommes contraints de constater que notre discours n’est pas entendu, écouté, identifié avec force. Soyons lucides et humbles : le réel nous a donné raison, mais nous sommes souvent les seuls à le savoir ! Nous devons apprendre à nous faire connaître et à diffuser nos idées. Le peuple a besoin de nous.

 

Je veux porter ici un message d’espoir. Nous ne sommes pas seuls. Réjouissons-nous, puisque la mode semble être revenue aux apprentissages fondamentaux à l’école. Le temps est donc venu pour la gauche de retrouver sa grammaire, ses fondamentaux ! Jules Michelet écrivait en 1847 : « L’esprit de la Révolution, […] en lui seulement la France eut conscience d’elle-même. Dans tout moment de défaillance où nous semblons nous oublier, c’est là que nous devons nous chercher, nous ressaisir. »

 

Se ressaisir, se ressourcer, voilà l’enjeu aujourd’hui. Pour cela, nous devons mobiliser notre énergie pour comprendre le monde et proposer aux citoyens Français le projet dont nous avons besoin. Si j’évoque à dessein cette référence à la Révolution Française, c’est parce que, pour tout Républicain, elle demeure le phare qui permet de se retrouver au milieu de la tempête. Oui, Michelet a raison, nous devons aujourd’hui encore, puiser et nous inspirer de nos aînés. Non pas pour transposer en bloc des solutions d’hier, mais pour prendre la mesure de l’état d’urgence dans laquelle notre République se trouve aujourd’hui. Il suffit de lire et de relire les discours des grands orateurs et parlementaires de la phase révolutionnaire pour être saisi d’une chose : l’urgence pour eux ne se réduisait pas à des affaires d’appareil ou de casting. L’urgence, c’était la pensée, le débat fécond, la polémique utile. La gauche doit apprendre à parler et à penser en philosophe, en philosophe du peuple. Puisse cette Université d’Eté contribuer à la réflexion, c’est ainsi que nous serons utiles à la gauche et à la France !

Edito du Kremlinois - septembre 2008

encrier.jpgL’automne va laisser la part belle au monde associatif. Le Kremlin-Bicêtre bénéficie d’un réseau d’associations important et diversifié : plus de 270 associations sont recensées. Par leur dynamisme et leur ancrage parfois ancien, les associations participent assurément à l’atmosphère conviviale qui caractérise notre ville.

 

Le 20 septembre prochain, la 9ème édition de la fête de la ville sera un moment privilégié de rencontres entre l’institution communale, les habitants et les quelques 60 associations volontaires pour lesquelles la ville met à disposition des espaces d’exposition et d’information. Les uns et les autres auront ainsi l’occasion d’échanger et de transmettre leurs passions, leurs envies communes.

 

Au cours du mois d’octobre, la Maison de la Citoyenneté et de la Vie Associative ouvrira ses portes, rue du 14 juillet. Ce projet, élaboré et porté par la l’équipe municipale, offrira de nouvelles capacités d’accueil et facilitera le contact entre les citoyens et les associations.

 

Enfin, la piscine intercommunale sera inaugurée au mois de novembre. Vous pourrez la découvrir lors d’une journée porte ouverte le 20 septembre. La piscine sera naturellement dédiée à la natation scolaire ouverte librement au public mais permettra également associations que sont les clubs sportifs de proposer des activités de natation et de plongée.

 

La France compte plus d’un million d’associations. Cette bonne santé de l’engagement associatif pourrait faire oublier l’âpre combat qui a précédé la loi de 1901. Ce qui peut apparaître aller de soi aujourd’hui – la liberté de se réunir – constitue l’un des droits majeurs que nous a légué notre République laïque.

 

L’existence des associations et au-delà, leurs missions, se trouvent aujourd’hui menacées.  La baisse de 5% des financements de l’Etat marque la défiance qu’il manifeste à leur endroit. Un rapport initié par le gouvernement recommande aujourd’hui de privilégier leur « mise en concurrence » de manière à « engager l’association dans une démarche de résultat ». C’est le fondement même de la liberté d’association reconnue en 1901 qui se trouve nié.

 

Le Kremlin-Bicêtre poursuit sa politique volontariste en matière de soutien aux associations. Ce choix n’est pas anodin. Nous entendons défendre les valeurs républicaines, la solidarité et le bénévolat qui nous préservent quotidiennement des outrances de la logique marchande.

 

Bonne rentrée à toutes et à tous.

Toutes les notes