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27.11.2007

Bilan de mandat : Etre solidaire

Venez nombreux pour discuter et débattre du bilan des actions réalisées par l'équipe municipale. Dans le prolongement, ce sera l'occasion d'esquisser des perspectives.
Mercredi 28 novembre 2007 à 20H30

Thème : Etre solidaire (santé, handicap, actions sociales, seniors, services publics)

Au chaudron
30 rue du général Leclerc
Le Kremlin-Bicêtre

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12.11.2007

Cérémonie du 11 novembre. Discours de Jean-Luc Laurent

Ci-dessous, des extraits du discours prononcé lors de la commémoration du 11 novembre 1918, en présence de M. Lazare Ponticelli, l'un des deux derniers survivants de la grande guerre.

ce8cbb9d74f3f680b2085acfdee3ecea.jpg89 ans. Il y a 89 ans, les généraux allemands et alliés signaient un traité d’armistice dans un train à Rethondes, mettant ainsi fin à l’un des conflits les plus rudes de notre histoire. Rude parce que dans l’enfer quotidien des tranchées, au-delà des conditions effroyables dans lesquels les hommes ont combattu de part et d’autre, des peuples se sont déchirés pour quelques kilomètres de territoire, quelques mètres, parfois. A rebours, l’hécatombe engendrée par cette guerre échappe à l’entendement.

Du récit de chaque homme à l’histoire de la Nation, la première guerre mondiale nous lègue des réalités contrastées. L’absurdité vécue par tous ceux qui y ont perdu à cette époque leur jeunesse, leur idéalisme, leur foi en l’humanité, leurs camarades, leurs parents ou leur propre vie ne sera jamais soluble dans l’explication froide et rationnelle des événements.

Mais dussions-nous porter un jugement sur les tenants et les aboutissants de ce long cauchemar qui a duré plus de quatre ans, nous sommes là pour nous recueillir et souligner le courage et le sens du devoir qui ont animés ces innombrables jeunes hommes partis au front pour perpétuer notre histoire. Défendre ardemment nos frontières, cela voulait d’abord dire : nous autres Français, sommes déterminés à exister.

Le supplice de la Grande guerre a ouvert le XXème siècle sous le sceau de la tragédie. Notre concitoyen Lazare Ponticelli en est l’un des deux derniers témoins parce qu’il en fût l’un des premiers participants. A l’heure où la question du vivre ensemble vacille, à l’heure où certaines déclarations flattent le fantasme des identités ethniques, à l’heure où certains jugent utile de réintroduire le droit du sang et le communautarisme, le parcours de Lazare Ponticelli éclaire les consciences.

ce2b72315842fd73c31a4c6088e8e530.jpgDès août 1914, Lazare Ponticelli s’est engagé avec son frère pour défendre le pays qui l’avait accueilli. Né en Italie le 7 décembre 1897, arrivé en France en 1907, Lazare a délibérément choisi de porter secours à la Nation qui l’avait adopté. Le dévouement, oserais-je dire la déclaration d’amour que vous avez alors manifesté, rappelle de manière opportune ce que signifie le sentiment d’appartenance à la Nation, notre communauté de destin. Cette réalité humaine et politique indispensable et incontournable, ne mérite pas le dédain que certains lui portent. Ce n’est pas la Nation qui fait la guerre, mais le nationalisme qui en est une dégénérescence. La Nation, ce n’est pas la volonté de puissance pour établir un empire ou une hégémonie, c’est la communauté des citoyens qui décide de bâtir un avenir commun, c’est la fraternité républicaine. A ceux qui doutent, je veux rappeler ces mots de Romain Gary : « Le patriotisme c'est l'amour des siens, le nationalisme c'est la haine des autres. »

Engagé dans la Légion étrangère en 1914, vous avez servi la France à Soisson puis à Verdun jusqu’au printemps 1915. Vous avez tenté de rester en France, mais une fois entré en guerre aux cotés des alliés, l’Italie, votre pays natal, vous a appelé sur le front autrichien, au 3ème régiment de chasseurs alpins. Vous ne serez démobilisé qu’en juillet 1920, un an après le traité de paix de Versailles.[...]

Installé au Kremlin-Bicêtre depuis 1925, vous êtes resté un homme attaché à notre ville. Votre présence aujourd’hui, c’est le passage de témoin aux jeunes générations. Puissent-elles ne jamais oublier qu’elles auront croisé un jour, un homme né au XIXème siècle, dépositaire d’une partie de la mémoire nationale.

Vous exprimez le regret que la République ait négligé de « recueillir vos souvenirs beaucoup plus tôt. » Je le comprends. Depuis toujours, nous avons pu apprécier l’humilité et la simplicité avec laquelle vous êtes resté fidèle à cette cérémonie, ici, au Kremlin-Bicêtre pour honorer l’engagement pris à la fin de la guerre : vous recueillir chaque année en mémoire de vos camarades. [...]

Nous venons de vivre une cérémonie digne et sincère. Un rite républicain qui à chaque recommencement, d’année en année, nous permet de continuer et de renforcer la mémoire des hommes. Honorer, connaître, comprendre et transmettre, telles sont nos missions afin que ne s’efface jamais de nos consciences le prix et le sens de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. [...]

Aux deux survivants dont vous êtes, M. Ponticelli, et aux un million trois cent cinquante sept mille morts et disparus, la France rend hommage en ce 11 novembre. Le Kremlin-Bicêtre s’incline et dit sa reconnaissance aux 450 Kremlinois morts pour la France, et à vous cher Lazare Ponticelli dont l’histoire est un exemple. L’exemple d’un enfant venu de son Italie natale en immigré, devenu fils de notre République. Puisse cette France républicaine que vous avez choisie et qui vous a accueilli, demeurer la Nation ouverte que nous aimons.

07.11.2007

Cette constitution qui ne dit pas son nom

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Au soir du 29 mai 2005, les promoteurs du traité constitutionnel ont eu toutes les peines à comprendre les motifs du rejet massif du texte soumis aux Français. Il s’agissait pour eux d’inventer un plan B qui puisse « sortir l’Europe de l’impasse ». Pendant deux ans, les recalés du projet de constitution européenne n’ont pas manqué une occasion de culpabiliser le peuple en lui imputant la responsabilité du « blocage » de la construction européenne.

Pourtant dans nos institutions, le principe référendaire n’induit aucune ambigüité : la volonté exprimée par le peuple ne saurait susciter quelque débat. Le devoir d’un élu républicain, c’est de la tenir en haute estime, d’en acter les résultats et d’en garantir l’inviolabilité. En démocratie, l’exercice de la souveraineté du peuple ne souffre aucune transaction. A ce titre, je persiste à exiger un référendum.

Décidé à ne pas s’encombrer de ce type de considérations, M. Sarkozy s’est exprimé au cours de sa campagne présidentielle pour un texte « simplifié » qui serait par la suite ratifié par voie parlementaire. Une fois élu, le nouveau président de la République s’est activé dans tous les sens pour obtenir un accord de nos partenaires européens. Quelques expressions expurgées, les symboles enterrés, le traité rebaptisé ont suffi aux 27 chefs d’Etat et de gouvernement pour cimenter leur adhésion à cette nouvelle mouture en dépit des refus exprimés par les peuples hollandais et français en 2005.

31c82b86279eaa78800d9813eb18fead.jpgPartout, les expressions sarkozystes de « traité simplifié » ou de « mini-traité » sont relayées comme s’il s’agissait d’une réalité attestée. Ces formules marketing qui répondent à la volonté d’atténuer les ardeurs d’une France indisciplinée correspondent-elles au produit dont le président nous vante les mérites ?

Deux questions méritent d’être posées : s’agit-il seulement d’un traité ? En quoi peut-il être qualifié de simplifié ?

L’abandon du terme de constitution est doublement frauduleux. Par sa vocation, ce texte organise les pouvoirs et les institutions européennes. Par sa dimension de loi fondamentale qui prime le droit des nations (1), la constitution de la France lui sera soumise au même titre qu’elle l’était par le projet de constitution en 2005. Il faut rétablir ici la vérité, le « mini-traité » de Lisbonne est bel et bien une constitution.

L’usage du qualificatif « simplifié » répond lui aussi à une véritable mystification. Lorsqu’on simplifie une chose, on la réduit et on la rend plus facilement accessible. En terme de réduction, force est de constater que le prétendu travail de Jivaro n’est pas abouti. Une passionnante étude anglaise (2) apporte sur ce point un éclairage précieux : le traité de Lisbonne est aussi long que le projet de constitution (63000 mots pour les deux) et constitue une réplique quasi identique du texte initial : plus de 96% des articles sont repris et éparpillés dans le nouveau texte. En termes de facilité d’accès, le résultat n’est pas d’avantage convaincant : pour lire le traité de Lisbonne, il est nécessaire d’avoir ceux de Rome et de Maastricht sur les genoux puisqu’il s’agit d’une compilation d’amendements aux traités existants.

Chaque démocrate doit œuvrer pour démasquer cette constitution qui ne dit pas son nom. Le paradigme libéral qui préside à sa rédaction met en péril le contrat social qui scelle notre Nation. Depuis 1983, la gauche s’est écartée de ses missions fondatrices : agir pour la République, garantir la souveraineté du peuple, protéger les plus faibles. Elle doit réagir aujourd’hui avec force. Le traité de Lisbonne et la mise sous tutelle de la constitution de la Vème république qu'il prononce nous confrontent à une question majeure : quel nom donner au régime dans lequel nous vivrons demain ?


(1) Déclaration de la Conférence intergouvernementale, point 27 : « La Conférence rappelle que, selon une jurisprudence constante de la Cour de justice de l'UE, les traités et le droit adopté par l'Union sur la base des traités priment le droit des États membres, dans les conditions définies par ladite jurisprudence. »
(2) http://www.openeurope.org.uk/research/comparative.pdf

02.11.2007

La boîte de Pandore

9c306b569c12e3a742987f093f5d10aa.gifL’adoption par le parlement d’un amendement autorisant les statistiques mesurant « la diversité des origines des personnes » crée une "rupture" dans la tradition républicaine de la France.

Dans les méandres d’un vaste projet de loi qui a déjà suscité bien des polémiques, ce correctif à la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, se révèle singulièrement pervers. Sous couvert d’une approche scientifique, ce droit à la collecte de statistiques ethniques ouvre une boîte de Pandore que l’on aura toutes les peines du monde à refermer. La première étape autorise les chercheurs à établir un nouveau repère racial. Se dessinent en filigrane les décisions politiques à venir qui s’appuieront allègrement sur ces données statistiques et contribueront in fine à fragmenter la citoyenneté. Stéphane Jugnot (1) exprime de manière juste cette dérive dans un article du Monde ce matin : « [Les chercheurs] construiront leur référentiel ethno-racial pour isoler les « Blancs » et compter les « Noirs » […] A force d’usages, leurs catégorisations s’imposeront doucement aux autres chercheurs, puis à la statistique publique, par simplicité et par habitude. Viendra ensuite le temps des quotas. »

Dès lors, la fameuse discrimination positive née outre-Atlantique sera entrée dans la bergerie. Un enfer pavé des meilleures intentions puisque certaines associations de lutte contre les discriminations y apportent leur soutien. Nous devons le répéter, la discrimination positive demeure un exemple d’oxymore (2) redoutable qui n’a pas de valeur politique. Cette dérive biologiste pourra demain justifier des discours ineptes et des décisions attentatoires à l’égalité des citoyens qui scelle notre pacte républicain.

La République « indivisible » qui « assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion » selon l’article 1er de notre Constitution se meurt sous les coups de boutoirs d’un communautarisme contagieux. L’intérêt général n’est pas sécable et ne se définit pas par la somme des intérêts particuliers.
A ce jour, le texte du parlement est en discussion au Conseil Constitutionnel. J’espère que les neufs sages sauront mettre leur sagesse au profit des valeurs séculaires qui ont façonné notre Nation depuis la révolution. Ils doivent jouer leur rôle de rempart contre cette entreprise de dislocation de la République.

Je souhaite que la gauche s'exprime avec force sur cette question qui remet en cause le fondement même de notre République et qu'elle s'engage à revenir le moment venu sur une telle disposition.

(1) Statisticien et économiste de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique (ENSAE)

(2) Figure rhétorique formée de deux termes contradictoires

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