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10.04.2007

Europe : Une histoire de non

medium_drapeauF.jpgmedium_drapeauue.jpgA plusieurs reprises depuis le vote historique du 29 mai 2005, les partisans du « Oui » ont réclamé à ceux du « Non » le plan B. C’est bien sûr d’une interrogation polémique mais elle est révélatrice. Il y aurait eu un plan B si quelqu’un avait tiré les conséquences du vote en prenant ses responsabilités au lendemain du 29 mai. Or dans sa pratique actuelle, la Vème République est un régime d’irresponsabilité: ni le président de la République qui a pris l’initiative du référendum, ni son premier ministre n’ont assumé. Les pays membres et la Commission sont tombés d’accord pour mettre tout cela au frigo en attendant le sort des urnes en France. En réalité, il y a un bien eu un plan B dans la mesure où l’Union ne s’est pas effondrée et qu'elle vit au rythme des traités fondateurs et du plus récent, le Traité de Nice.

Aujourd’hui une seule candidate propose une synthèse à la hauteur de la situation. Sarkozy est un partisan du Oui qui se camoufle en eurosceptique en contradiction totale avec son action et ses propositions. Il intégre le "non" comme artifice rhétorique. Bayrou s’autoproclame antisystème et dès lors il se dispense de tenir un propos clair sur l’Union européenne. Candidat artificiel du "non" à Sarkozy et du "non" à Royal, il oublie de se prononcer sur la suite du véritable "non", celui du 29 mai, tout simplement parce qu’il reste, comme Sarkozy, un partisan du oui.

Les communistes, les collectifs antilibéraux et les trotskystes jouent la partie arrêtée et répètent le "non" du 29 mai comme si c’était suffisant. Seule Ségolène Royal propose de remettre l’Union en mouvement en tenant compte du vote des Français et de leur aspiration à une Europe plus soucieuse de cohésion et de justice sociale. L’Union européenne est une œuvre négociée, l’affirmation de la seule volonté de la France ne suffit pas à façonner l’Europe selon nos volontés même les plus progressistes. Parmi les fondateurs comme le Luxembourg, en Belgique, aux Pays-Bas et, bien sûr l’Allemagne, mais aussi parmi les nouveaux venus, elle ne manquera pas de trouver des alliés pour réorienter l’Europe, réformer le pacte de stabilité et les statuts de la Banque Centrale Européenne.

Le Mouvement Républicain et Citoyen et Jean-Pierre Chevènement ont apporté une pierre importante à l’édifice participatif voulu par la candidate. Alors vivement le 6 mai pour que la France retrouve sa voix en Europe et dans le monde sans s’excuser des choix de la France.

Commentaires

Je partage votre analyse sur la question européenne.
A mon sens, il faudrait, en s'appuyant sur le vote des Français sans le renier aucunement, engager une relance de l'Union, à travers le dialogue avec nos partenaires européens, dans l'objectif de construire une Europe respectueuse des peuples, une Europe de la croissance économique et de l'emploi mais aussi de la solidarité et de la protection sociale, une Europe capable de protéger et de défendre les intérêts de ses membres dans un contexte de globalisation et d'émergence de nouvelles puissances économiques.
Ce ne serait sans doute pas facile, cela nécessiterait du courage, une volonté politique, une détermination, un engagement à la hauteur de l'enjeu, celui de la réussite de la construction européenne.

Ecrit par : BADEL | 19.04.2007

Tout à fait d'accord avec vous. Les autres pays attendent de la France un langage clair. Les gouvernements de la France ont trop tenu un double langage, n'assumant pas devant le pays les directives qu'ils approuvaient à Bruxelles.

Les pays d'Europe ne vont pas se rallier instantanément à nos propositions mais une position claire et ambitieuse de la France permettra de construire les accords nécessaires pour réorienter la construction européenne.

Ecrit par : Jean-Luc | 19.04.2007

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