19.01.2009
Voeux aux Kremlinois
Par quelle sorte de mystère explique-t-on votre venue toujours plus nombreuse à la fête des vœux et qui, d’année en année, ne se laisse démentir ?
L’INSEE vient d’apporter la réponse : l’augmentation de la population de la ville de plus de 8% depuis le dernier recensement de 1999. Officiellement, nous sommes désormais 25739 Kremlinois, soit 2015 de plus. Preuve, s’il en était besoin, de l’attractivité de notre ville. Rassurez-vous cependant, l’objectif n’est pas de croître indéfiniment. Nous resterons dans cette taille moyenne qui permet de conserver l’âme d’un village mitoyen d’une mégalopole. C’est d’ailleurs la belle singularité du Kremlin-Bicêtre.
Mais votre présence nombreuse témoigne d’abord de l’attachement que nous avons pour cette ville. Car une ville est un être animé, un être vivant. Elle a une âme. Celle qu’elle s’est forgée par sa propre histoire et qui est celle de ses habitants.
Les Kremlinois sont bien les forces vives de cette ville.
A travers les engagements associatifs nombreux – clubs de sport, initiatives collectives de solidarités, rassemblements autour d’une passion, d’un projet, d’une pratique artistique – les citoyens font de la ville un espace en partage.
Cette dynamique a eu des résultats. A titre d’exemple, je veux évoquer ici la réussite des clubs sportifs. L’ouverture fin novembre de la nouvelle piscine intercommunale rendue possible grâce à la Communauté d’agglomération du Val de Bièvre a permis de relancer les activités natation et plongée du CSAKB qui fait figure de club phare de la ville avec ses centaines de licenciés et ses dizaines de sections. Par ailleurs, les brillants résultats de l’équipe de Futsal du KB UNITED qui a atteint la finale de la coupe de France au printemps méritent d’être salués. J’avais fait le déplacement jusque dans le Sud-ouest pour vous soutenir. Je vous souhaite de poursuivre vos efforts dans l’avenir d’autant cette année l’espoir n’est plus au rendez-vous. Bravo enfin à l’USKB dont l’équipe hommes vient de rejoindre la Nationale3 et dont l’équipe féminine sera présente en ¼ de finale de la coupe d’Europe face aux tenantes du titre à … Vladivostok. Je sais que l’Europe ne cesse d’étendre ses frontières, je n’imaginais pas qu’elles aillent jusqu’aux confins de l’Asie ! J’espère que vous laisserez en Sibérie de bons souvenirs du Kremlin….. Bicêtre.
A travers le commerce et l’artisanat de proximité, les entreprises innovantes et les institutions publiques comme le Fort ou l’Hôpital, les entrepreneurs et les salariés font de la ville une source précieuse d’activité et d’emplois. Là aussi, c’est une compétition qu’il faut savoir relever. Les acteurs économiques et les institutions publiques savent qu’ils peuvent compter sur la municipalité pour épauler leurs projets.
L’identité d’une ville ne se décrète pas. Ici, nous avons la chance d’avoir une multitude d’initiatives qui contribuent à mettre la ville en mouvement. L’âme de village dont je parlais, c’est précisément cela : une compréhension du lien social qui dépasse l’anonymat.
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Au-delà, le Kremlin-Bicêtre est aussi une institution au service des citoyens, pour les aider et les accompagner dans la durée.
La commune est historiquement le plus ancien héritage. Il s’agit de la réalité institutionnelle la plus estimée, comprise et appréciée par les citoyens. La ville est l’interlocuteur privilégié, le gage de proximité non seulement dans vos démarches utiles et vos problèmes quotidiens, mais aussi pour faire vivre par des projets concrets, la promesse de l’égalité républicaine. C’est à l’échelle de la commune d’abord que la puissance publique met en place les services de proximité et les équipements dont nous avons besoin. Et c’est pour répondre plus efficacement à vos attentes que nous avons créé la CAVB.
La crise que nous connaissons aujourd’hui agit en puissant révélateur : la ville est au front, en première ligne, pour apporter la protection et la solidarité requises aux populations fragilisées ou qui risquent de le devenir. Je ne veux pas faire ici l’inventaire exhaustif de l’action municipale. Le diaporama que vous venez de voir illustre de belle manière l’action quotidienne des services de la ville qui représentent quelques 75 métiers différents.
A ce travail de chaque jour, s’ajoutent les périodes exceptionnelles et les situations d’urgence qui supposent souplesse et réactivité. Le tragique incendie sur l’avenue de Fontainebleau qui a causé 3 morts au printemps dernier, a mobilisé les services municipaux dans des conditions particulièrement éprouvantes. Nous avons mis en place avec la Préfecture une cellule de crise qui a assuré le soutien psychologique nécessaire, pris en charge le relogement d’une vingtaine de familles et l’ensemble des problèmes matériels et humains qui se posaient. Je souhaite remercier une fois encore les pompiers de Villejuif qui sont présents ce soir pour la rapidité et la qualité de leur intervention.
Les pompiers sont sous la responsabilité de l’Etat. L’occasion m’est donnée de saluer chaleureusement le Sous-préfet de l’Hay-les-Roses, dont nous avons appris jeudi dernier la promotion à la fonction de secrétaire général de Préfecture et le départ vers d’autres horizons. Les Hauts-de-Seine gagnent là un fonctionnaire compétent, sérieux et discret, fidèle serviteur de l’Etat. La mairie du Kremlin-Bicêtre perd un interlocuteur efficace et respectueux, qui a su développer le partenariat et les relations fécondes pour la ville et l’élu que je suis. Je veux vous en remercier et vous souhaiter pleine réussite. Recevez ce souvenir en témoignage de mes remerciements.
La vague de froid que nous connaissons depuis une semaine nous a conduits à agir. Sur le modèle du plan contre la canicule, les agents de la ville ont pris contact avec les personnes isolées ou fragilisées pour les aider. Cela nous a permis d’éviter l’isolement, de déceler des situations d’immeubles privés de chauffage et d’intervenir auprès des propriétaires mais aussi de rester au contact des personnes sans domicile fixe.
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La ville est aussi un acteur stratégique d’avenir. Les communes et les autres collectivités territoriales, départements et régions, représentent les 3/4 de l’investissement public et seulement 10% de la dette. Au Kremlin-Bicêtre, nous avons maintenu l’investissement pour contribuer à l’activité économique et affronter la crise avec volontarisme.
Je veux souligner le paradoxe de ceux qui ont fait mine de se réveiller subitement pour la régulation et l’intervention publique au lendemain de la crise. Ce sont les mêmes qui voulaient réduire hier la puissance publique comme peau de chagrin.
Le monde ancien du capitalisme financier, favorable à la dérèglementation, aux privatisations, aux délocalisations, à la réduction des services publics et à la libre concurrence, est aujourd’hui hors service. La crise, ce sont des citoyens qu’il faut protéger et c’est une chance de changement. L’argent public ne doit pas être utilisé pour sauver des eaux un tel système. Nous devons prendre appui sur la puissance publique pour servir enfin l’intérêt général. Sur ce sujet, en ce qui me concerne, je peux le dire sans fausse modestie : je n’ai pas changé !
Face à la crise, il y a toujours deux manières de réagir : l’attente et donc le repli, ce n’est pas ma façon de voir. Au contraire, il faut agir avec enthousiasme et résolution. L’un de mes proches amis en politique – je vous laisse le soin de trouver son nom sur mon blog – a repris il y a quelques années cette formule de Gramsci : « une crise surgit toujours lorsque le vieux monde n’arrive pas à mourir et que le nouveau ne parvient pas à naître ». Dès lors, la sortie de crise ne consiste pas à sauver le vieux monde et ses défaillances qui nous ont précipités dans la situation que nous connaissons. Concentrons notre énergie à bâtir ce monde nouveau, ce monde d’après, où infuseront et prospéreront les valeurs fécondes de notre République : un monde de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.
Une crise est toujours un terrain fertile pour entretenir des tensions inutiles et fournit des motivations supplémentaires à ceux qui entendent instrumentaliser les déséquilibres pour servir des objectifs inavoués parce qu’inavouables. C’est ce qu’on peut déplorer aussi avec le conflit du Proche-Orient. Je suis naturellement favorable à une solution politique de paix qui permette à l’Etat d’Israël de vivre en sécurité et au peuple palestinien de bénéficier d’une Nation libre et indépendante. En gardien de la paix civile dans notre ville, je veux rappeler l’impérieuse nécessité de ne pas amalgamer les problèmes en important ici des conflits qui ne sont pas les nôtres. Nous devons collectivement penser et agir en citoyen français et ne pas faire de cette guerre une question religieuse. Les religions appartiennent à la libre conscience et à la sphère privée des individus. Notre République est laïque et ne connaît qu’une seule communauté : la communauté des citoyens. Regardons ce qui nous rassemble et pas ce qui nous divise.
C’est en respectant ce précepte que nous serons utiles au développement de la civilisation et de l’humanisme.
En France, d’autres sujets d’inquiétudes demeurent : l’Etat ne peut continuer à mettre en cause l’autonomie des collectivités territoriales. La tentation de suppression de la Dotation de Solidarité Urbaine en est une illustration. Elle a pour l’instant été simplement ajournée. Nous nous sommes mobilisés fortement cet automne. Le soutien massif des habitants, qui furent nombreux à signer la pétition, s’est avéré utile. Sur ce dossier, nous devons rester pleinement vigilants. La solidarité territoriale pour les villes pauvres doit s’exercer avec le concourt des plus riches qui ne bénéficient pas de cette dotation, et non avec la suppression de celle des moins pauvres.
Je regrette enfin que le Syndicat des Eaux d’Ile de France géré par les élus n’ait pas jugé utile le 11 décembre dernier de permettre le retour de la gestion de l’eau à une régie publique. Bien de première nécessité, l’eau ne devrait pas faire l’objet de profits pour les entreprises privées, entraînant par là-même, un surcoût de l’ordre de 20% pour les consommateurs. C’est encore une occasion manquée qui continuera à mobiliser la ville.
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En 2009, nous allons donc agir pour l’embellissement du paysage urbain et l’attractivité de la ville.
Des aménagements importants seront achevés cette année. Après l’ouverture de la piscine qui sera inaugurée le 24 janvier prochain, je pense tout d’abord aux espaces extérieurs, aux jardins, aux aires de jeux et aux locaux des Barnufles qui accueilleront de nouveaux services et des nouvelles activités, mais aussi à la réhabilitation ambitieuse du groupe d’habitat social Paul Lafargue et, après un parcours parsemé de quelques déboires juridiques, nous accueillerons prochainement l’implantation de 6 stations Velib’. Enfin, pour accompagner la nouvelle maternité qui ouvrira au printemps, la ville disposera d’un service d’Etat civil au cœur de la maternité pour faciliter vos démarches.
D’autres projets vont se poursuivre : le chantier du projet de centre commercial et d’affaires OKABE est désormais sorti de terre. D’ici à l’été, l’ensemble du bâtiment sera déjà construit. Il ouvrira ses portes au printemps 2010 et la dynamique qu’il va insuffler rayonnera pour l’ensemble de la ville : entreprises, commerçants et artisans bénéficieront très largement de cette attractivité. Nous constatons déjà des signes encourageants qui préfigurent le renouveau du commerce de proximité kremlinois.
2009 sera enfin un tremplin pour notre ville. Trois chantiers majeurs vont commencer :
- la requalification complète de l’avenue de Fontainebleau par le Conseil général. Les travaux commenceront par le carrefour RN7/ Avenue Eugène Thomas.
- la couverture de l’A6b par l’Etat. Ce projet au long cours permettra enfin de bénéficier d’un cadre de vie plus agréable.
- Enfin, les travaux de la nouvelle médiathèque et du conservatoire démarreront d’ici l’automne.
Vous le voyez, le Conseil municipal aura beaucoup de travail en 2009.
L’équipe municipale conduira son action en faisant appel à votre participation comme nous l’avons fait depuis 13 ans. Les élus de la majorité comme ceux des oppositions municipales auront à cœur d’être à votre écoute et disponibles.
C’est donc avec plaisir que je vous adresse, au nom du Conseil municipal, nos vœux de santé, de bonheur et de réussite pour vous et vos proches. Soyons généreux, imaginatifs et privilégions toujours les démarches collectives sur les replis individuels. Le destin n’est jamais écrit par avance.
Vive 2009.
Vive la République.
Vive Le Kremlin-Bicêtre.
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Discours de présentation du budget régional
« Depuis le début de ce mandat, le logement est une des grandes priorités régionales.
Le dispositif mis en place en 2005 marche à plein régime comme en témoigne l’exécution budgétaire 2008. Ce dispositif, l’assemblée régionale le connaît bien et les élus régionaux votent largement les rapports présentés tout au long de l’année en commission permanente.
Depuis 2004, mais en 2009, plus encore, la priorité du conseil régional sera la production de logements accessibles au plus grand nombre, c'est-à-dire des logements locatifs sociaux. En 2009, nous portons à plus 100 millions les AP pour le développement de l’offre nouvelle que ce soit en PLAI, PLUS et PLS.
Ce choix nous le faisons dans un contexte très tendu dans lequel les choix des acteurs locaux sont tributaires des choix de l’Etat qui est le premier responsable de la politique du logement.
L’économie du logement social à laquelle la Région participe fortement (je dirais même plus à laquelle nous sommes indispensables) est dépendante des choix politiques de l’Etat.
Mais l’Etat a plusieurs visages.
Certains jours, je croise son incarnation constructive, par exemple sur le dossier du logement étudiant, où nous travaillons la main dans la main, avec la convention Etat Région. Malheureusement, je croise plus souvent un Etat déboussolé, K-O debout à qui l’on commandait de tout réorganiser autour d’un slogan simple « La France des Propriétaires » et pour qui, tout s’est effondré.
Depuis 2007, le gouvernement avait une unique priorité : le développement de l’accession à la propriété. Depuis le printemps 2007, tout devait être démoli au profit de cette unique et gigantesque visée : faire passer la France de 56 à 60% le taux de propriétaires. A l’heure où des millions de Français sont confrontés aux difficultés du logement : assigner à la politique du logement, un objectif aussi étroit, aussi, disons-le, idéologique aurait conduit à une aggravation de la situation.
Le projet de loi Mobilisation pour le Logement devait venir consacrer cette mise au pas du logement social. Nous avons participé au débat tout au long de l’année. Au travers des Etats-Généraux du Logement en Ile-de-France puis lors du débat parlementaire. Aux dernières nouvelles, le projet sera examiné à partir de janvier 2009. La crise amène bien des révisions pour les idéologues du gouvernement aujourd’hui déboussolés.
Le conseil régional propose une direction claire. En matière de logement, la région joue son rôle contracyclique en y mettant les moyens.
La Région y met les moyens sans aucune obligation ni compétence en la matière. De son côté, l’Etat prépare un budget de logement régressif, siphonnant le 1%, démantelant les aides à la pierre…le désengagement rampant des dernières années laisse la place au démantèlement.
Le projet de budget de l’Etat offrait clairement une sombre perspective. L’objectif était, à l’horizon 2012 que le financement des aides à la pierre par les bailleurs eux-mêmes serait alimenté par les prélèvements sur les bailleurs sociaux et le produit de la vente du parc en dehors de toute intervention budgétaire de l’Etat.
Ce projet de budget a lui aussi pris un coup de vieux.
Le président de la République à Douai dans son discours de relance a simplement rétabli les choses sous les effets de la crise. On a beaucoup lu que le budget logement pour 2009 baisserait de 7% mais le chiffre clef était ailleurs. Le projet de loi finances prévoyait une baisse de 30% des aides à la pierre, les annonces du président de la république ne sont en rien une relance mais une simple reconduction des moyens alloués en 2008. Les aides à la pierre, c’est le levier pour sortir le pays, Ile-de-France en tête, de la crise du logement.
La connaissance du contexte national éclaire les difficultés que rencontrent le logement et les choix que nous faisons.
Pour les acteurs du logement social et pour les franciliens en difficultés, la Région est au rendez-vous, fidèle à ces choix, portant ces dispositifs assurant un financement sans précédent du secteur et militant pour une réorganisation de la gouvernance qui prenne en compte la spécificité francilienne. Si nous voulons répondre au défi de la DALO mais aussi aux attentes d’une immense majorité de franciliens, si nous voulons changer le rapport de force sur le marché locatif privé, les pouvoirs publics ont des manettes, il faut les activer, les activer énergiquement. C’est le sens du budget logement que j’ai le plaisir de vous présenter.
Pour 2009, ce budget s’inscrit dans une volonté engagée depuis des années d’être un solide acteur de référence.
Les moyens budgétaires proposés sont portés à 189 M€ en autorisations de programme et près de 155 M€ en crédits de paiements, soit une progression respective de 10 et 15 % par rapport à 2008.
Depuis 2005, les moyens consacrés par la région en faveur du logement sont en constante progression avec des affectations qui sont passées de 124 M€ en 2005, à 154 M€ en 2006, à 169 M€ en 2007, puis 175 M€ en 2008.
Pour 2009, la priorité de ce budget concerne la production de logements locatifs sociaux avec 100 M€ pour cette seule action, sans oublier la rénovation des parcs, social et privé, comme l’action en faveur du logement des jeunes et des étudiants.
11:48 Publié dans Logement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : région logement budget
29.09.2008
Permis de démolir

Budget et projet de loi Logement :Le gouvernement demande un permis de démolir.
Le Vice-Président de la Région Ile-de-France Chargé du Logement et de l’Action foncière, M. Jean-Luc Laurent a déclaré aujourd’hui :
« Le gouvernement a rendu public le projet de loi de finance pour l’année 2009 : le budget de l’Etat consacré au logement est en très forte baisse. Le discours énergique du ministre qui, il y a un an, lançait son « grand chantier » se heurte à une double réalité :
- En décalage avec la réalité et les attentes, le projet de loi « Mobilisation pour le logement » est sous l’emprise idéologique du slogan présidentiel « La France des propriétaires ». Inadapté dès sa conception, il est désormais dangereux en raison du retournement du marché immobilier. Le gouvernement doit revoir sa copie plutôt que de proposer le vote en urgence comme l’a annoncé le président le République à Toulon.
- Le budget logement, qui a déjà connu plusieurs années de désengagement, verra en 2009 un tournant historique. Sous couvert de remise en ordre, l’Etat procède à un hold-up contre les fonds du 1%. Le résultat sera une diminution nette et durable des crédits en faveur du logement.
Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le pays et tout particulièrement pour la région Ile-de-France qui est à la pointe de la crise du logement. En lançant son « grand chantier », Mme Boutin avait omis de préciser qu’il s’agissait d’un chantier de démolition. Aujourd’hui, avec ce budget et le projet de loi logement, le gouvernement demande clairement que lui soit délivré un permis de démolir la politique du logement social ».
17:34 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : logement
13.09.2008
Interview de Jean-Luc Laurent
Courrier du Grand Paris 15 septembre 2008
Rubrique Grand Paris « Les clés pour comprendre »
Article « logement en IDF »
3 Questions à M. Jean-Luc Laurent,
Vice-Président du Conseil régional d’Ile-de-France chargé du logement et de l’action foncière,
Maire du Kremlin-Bicêtre (94),
Président de l’Etablissement Public Foncier d’Ile-de-France (EPFIF)
1 - Quelles sont les propositions de la Région pour relancer la construction de logements en Ile-de-France et atteindre l’objectif de 60 000 logements par an contre environ 35000 aujourd’hui ?
Pour la Région, la priorité est la relance de la construction par le levier du logement locatif social. Certains ont cru au salut par l’investissement locatif privé et trop de crédits publics ont été consacrés à cette politique. Il faut revenir aux véritables leviers de l’action publique : le logement locatif social et la relance de l’urbanisme opérationnel en soutenant les maires bâtisseurs.
2 - Comment traduisez-vous concrètement dans les actions régionales en faveur du logement les préoccupations des entreprises vis-à-vis de leurs salariés ?
Les entreprises franciliennes ont besoin de loger leurs salariés et contribuent à l’effort de construction à travers le 1%. La majorité régionale refuse la spécialisation du logement social vers les catégories les plus pauvres. Nous défendons au contraire une conception du parc social ouvert, au cœur de la mixité sociale. Ainsi, nous finançons l’ensemble de la gamme du logement social et même le logement intermédiaire. Ce choix politique rencontre la préoccupation des entrepreneurs franciliens : des logements aux loyers accessibles à proximité des centres d’emploi pour leurs salariés que la simple mécanique du marché exclue et relègue trop loin.
3 - Quel premier bilan tirez-vous de l’action de l’Etablissement Public Foncier régional que vous présidez ? Comment entendez-vous favoriser l'implantation de PME-PMI ?
Pour cette première année opérationnelle, l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (EPFIF) n’a pas connu de période de rodage. Nous avons atteint la vitesse de croisière en engageant plus de 200 millions d’Euros d’interventions foncières. Notre objectif annuel est la mobilisation foncière pour 6 000 logements et 300 000 m² de locaux d’activités. Aujourd’hui pour les nombreux maires qui veulent agir, l’EPFIF est la solution foncière. Nous apportons un soutien financier mais aussi une ingénierie (remembrement, dépollution…). Un tiers de nos interventions concerne des projets économiques pour développer une offre immobilière adaptée aux besoins des PME-PMI franciliennes.
17:40 Publié dans Logement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.09.2008
Discours de Jean-Luc Laurent en ouverture de l'Université d'été du MRC à Belfort

En guise d’introduction, je souhaite, naturellement, remercier Etienne Butzbach, Maurice Schwartz et toute l’équipe du MRC du Territoire de Belfort pour la qualité de l’accueil et de l’organisation dont ils nous gratifient pour ce week-end de réflexion collective.
D’entrée, je souhaite vous confesser une chose : pour le militant chevènementiste que je suis– c’est une appellation d’origine contrôlée ! – venir à Belfort produit toujours des sensations particulières et nous procure à tous, un réel plaisir. Pour ma part, je puis témoigner, avec une objectivité qu’aucun d’entre vous ici ne saurait contester, que cette ville a évolué de manière remarquable, de manière exemplaire, sous l’impulsion de Jean-Pierre Chevènement. En déambulant aujourd’hui le long des quais colorés de la Savoureuse, nous n’imaginons plus le chemin qui nous sépare de la ville de garnison austère d’autrefois. Pourtant ce destin n’était en rien acquis. Belfort a connu la crise industrielle et une mutation économique et sociale qui aurait pu s’avérer fatale.
Accueillant ce week-end l’université d’été du MRC, Belfort atteste aujourd’hui encore qu’elle n’a rien perdu de son caractère d’insoumission et de résistance ! Disons-le sans abuser d’immodestie, notre mouvement demeure, à bien des égards, le Vauban de la gauche. Un rempart contre la bien-pensance qui imagine pouvoir s’affranchir de la plus noble des conquêtes politiques : la République.
Nous ne saurions pourtant nous satisfaire de nos capacités défensives. Le thème que nous avons choisi d’explorer ensemble pour les deux jours à venir nous invite à passer à l’offensive : « L’état de la gauche et les perspectives de sa refondation » : voilà un programme ambitieux dans le contexte de disette doctrinale dans lequel la gauche se trouve enlisée.
Convenons-en, le thème de nos réflexions se trouve singulièrement en phase avec l’actualité. Quand on voit ce qu’on voit et qu’on entend ce qu’on entend, je me dis qu’on a raison de penser ce qu’on pense. Face aux petites phrases, aux oppositions pavloviennes, aux intrigues de coulisses, aux coalitions improbables, le peuple se trouve orphelin d’une gauche solide, sérieuse, proposant une alternative. Il faut dès à présent calmer les esprits, gagner en sérénité, prendre de la hauteur. Pour mémoire, un sacre, fut-il célébré à Reims, n’offre aucune garantie à long terme… Pour Charles X, le règne ne dura pas longtemps avant que ne surviennent les Trois Glorieuses.
Lorsque la gauche aura enfin pris conscience qu’il est désormais urgent d’articuler la pensée et l’action, nous aurons fait un grand pas vers la refondation de la gauche. Nous ne pouvons plus faire l’impasse sur une analyse globale de la réalité économique, sociale, géopolitique qui nous entoure. Les calculs de boutique permettent parfois d’assurer l’alternance et de faire illusion, mais c’est la pensée qui prépare de manière opérante le changement et le rend possible !
Nous aurons l’occasion de le constater encore ce week-end, à l’Ouest – il ne vous a pas échappé que j’évoquais Royan – rien de nouveau ! La confusion et l’inconséquence se disputent les premiers rôles. Au-delà des péripéties parfois grotesques, souvent préoccupantes, qui caractérisent la pratique du pouvoir du Président Sarkozy, l’orientation politique qu’il prescrit pour notre pays est alarmante. Au moment précis où s’effondrent un à un les dogmes libéraux qui ont précipité le monde dans la crise que nous connaissons aujourd’hui, le locataire de l’Elysée a multiplié les décisions contradictoires et les annonces incompatibles : l’Atlantisme triomphal de son début de mandat vient de se détourner sur le chemin de Damas, la diplomatie des Droits de l’Homme reçoit en grande pompe le leader libyen, le Président du pouvoir d’achat est devenu celui de la vie chère, le logiciel prétendument républicain du candidat entérine la reconnaissance dans langues régionales dans la Constitution, l’europhile intrépide croise régulièrement l’Europe du commissaire Mandelson, le libéral décomplexé nomme désormais les directeurs des radios et de la télévision publique. A chaque fois, le Président, armé de son verbe péremptoire, vient de rencontrer la réalité. Dans ce théâtre d’ombres, Ubu roi a trouvé son successeur.
Ne voit-on pas le risque qu’il y a, là, droit devant nous ? Lorsque le plus habile des faiseurs, le plus inconséquent des illusionnistes, en aura terminé avec son narcissisme, que restera-t-il, dans l’imaginaire du peuple, de la dignité de la fonction d’élu ? Que restera-t-il de la puissance symbolique d’une République que le premier d’entre nous aura pipolisé, et au final, profondément déshonoré ?
A gauche, il nous revient de reprendre la barre, d’étudier la carte et de définir un cap. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de réagir au coup par coup et de naviguer à vue au fil de l’eau. Le scandale de la privatisation de la Poste par exemple doit nous inviter à comprendre la genèse d’une telle capitulation. Comment, et pourquoi en sommes-nous arrivés là ? L’abandon des services publics procède de choix politiques dont la gauche ne peut raisonnablement se désolidariser pour la simple et bonne raison qu’elle y participa plus qu’à son tour. Du « ni… ni… » des années 80 aux directives européennes sur les services publics, ne voit-on pas les liens par lesquels la gauche établie s’est assujettie ? C’est de cette servitude intellectuelle dont nous devons nous défaire.
Un autre exemple, lui aussi révélateur, lui aussi criant d’actualité. Je veux parler du Revenu de Solidarité Active (ou RSA pour les plus familiers). Le Parti Socialiste et le Parti Communiste ont choisi de condamner bruyamment cette mesure annoncée la semaine dernière par Nicolas Sarkozy. C’est omettre lourdement que ce dispositif était inscrit dans le projet de la candidate socialiste il y a à peine plus d’un an… . Est-ce véritablement le choix politique qui se trouve contesté ou bien sa provenance ?
Pour construire le projet de demain, nous devons collectivement aider la gauche à se concentrer sur l’essentiel : bâtir une réflexion, une idéologie sérieuse qui soit en phase avec ses principes originels aujourd’hui désertés, et en phase avec les problématiques de notre temps.
Pour ce qui nous concerne, le Mouvement Républicain et Citoyen a engagé un cycle nouveau depuis le Congrès du Kremlin-Bicêtre. Depuis, beaucoup de choses se sont déjà passées : la nouvelle direction est au travail. En témoignent le nouveau site internet, la refonte du journal Citoyen militant, les textes élaborés par le Secrétariat National et bien entendu, le nouveau siège national près de la gare de Lyon dans lequel nous pourrons nous installer dans quelques semaines. Nous sommes au travail. Nous ne sommes pas en capacité de nous satisfaire d’avoir, je le crois, défini le corpus idéologique le plus complet, le plus juste, le plus pertinent. Au-delà, nous sommes contraints de constater que notre discours n’est pas entendu, écouté, identifié avec force. Soyons lucides et humbles : le réel nous a donné raison, mais nous sommes souvent les seuls à le savoir ! Nous devons apprendre à nous faire connaître et à diffuser nos idées. Le peuple a besoin de nous.
Je veux porter ici un message d’espoir. Nous ne sommes pas seuls. Réjouissons-nous, puisque la mode semble être revenue aux apprentissages fondamentaux à l’école. Le temps est donc venu pour la gauche de retrouver sa grammaire, ses fondamentaux ! Jules Michelet écrivait en 1847 : « L’esprit de la Révolution, […] en lui seulement la France eut conscience d’elle-même. Dans tout moment de défaillance où nous semblons nous oublier, c’est là que nous devons nous chercher, nous ressaisir. »
Se ressaisir, se ressourcer, voilà l’enjeu aujourd’hui. Pour cela, nous devons mobiliser notre énergie pour comprendre le monde et proposer aux citoyens Français le projet dont nous avons besoin. Si j’évoque à dessein cette référence à la Révolution Française, c’est parce que, pour tout Républicain, elle demeure le phare qui permet de se retrouver au milieu de la tempête. Oui, Michelet a raison, nous devons aujourd’hui encore, puiser et nous inspirer de nos aînés. Non pas pour transposer en bloc des solutions d’hier, mais pour prendre la mesure de l’état d’urgence dans laquelle notre République se trouve aujourd’hui. Il suffit de lire et de relire les discours des grands orateurs et parlementaires de la phase révolutionnaire pour être saisi d’une chose : l’urgence pour eux ne se réduisait pas à des affaires d’appareil ou de casting. L’urgence, c’était la pensée, le débat fécond, la polémique utile. La gauche doit apprendre à parler et à penser en philosophe, en philosophe du peuple. Puisse cette Université d’Eté contribuer à la réflexion, c’est ainsi que nous serons utiles à la gauche et à la France !
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